Aménagement

Les pièges de la douche à l’italienne et comment les contourner 

Une douche à l’italienne bien conçue demande une attention particulière à l’étanchéité et aux points de raccordement.

La douche à l’italienne, simple et épurée, repose sur une réalisation plus complexe qu’il n’y paraît. La moindre faille à l’installation peut entraîner des infiltrations. Dans l’habitat, 91 % des désordres de la douche sont dus à des défauts d’étanchéité à l’eau et la vaste majorité ont pour cause un défaut de mise en œuvre (1). Il faut donc être vigilant dès la pose et savoir repérer les premiers signes d’une dégradation dans l’existant.  

La douche à l’italienne, simple en apparence seulement  

La continuité du sol, le peu d’éléments apparents et l’absence de rehausseur de bac à douche peuvent laisser penser que l’aménagement de cet ouvrage reste très basique. Loin s’en faut, la « douche à l’italienne » désigne en réalité un vaste ensemble comprenant :le système d’évacuation, la pente, un traitement d’étanchéité, les revêtements et les raccordements. 

Chaque choix de conception a donc une incidence directe sur la fiabilité de l’ouvrage. La solution retenue pour le receveur ou pour l’espace douche maçonné, la position de la douche dans la pièce, le choix des matériaux périphériques, le procédé d’étanchéité… Tous participent au bon fonctionnement de l’ensemble. Sans oublier bien sûr les interfaces entre plomberie, étanchéité, carrelage et maçonnerie.  

Attention aux points de jonction et aux premiers signaux « distants » 

Les désordres se manifestent d’abord au niveau des points de jonction. Les zones les plus sensibles sont les jonctions sol/mur, bac/mur et la jonction entre l’étanchéité de l’espace douche et celle du reste de la salle d’eau.  

Les angles entre parois, les joints de carrelages muraux, ainsi que le point de raccordement du siphon avec le receveur ou avec l’étanchéité sont encore d’autres points faibles à surveiller.  

Toute la difficulté du repérage sur ce type d’ouvrage, c’est que le carrelage peut masquer les dégradations sous-jacentes. L’eau circule ainsi librement dans les ouvrages avant d’atteindre des éléments plus sensibles à l’humidité. Le désordre devient alors visible bien au-delà du point d’infiltration, par exemple sur une paroi adjacente, un faux plafond ou un plancher. 

L’étanchéité de la douche ne repose pas sur le revêtement carrelé  

Le revêtement carrelé et son jointoiement ne peuvent pas s’opposer au passage de l’eau vers le support. En l’absence de receveur, l’étanchéité préalable du support est donc indispensable. Cette étanchéité doit être réalisée par un procédé adapté à l’usage du local et raccordée sur un siphon spécifique permettant ce raccordement dans de bonnes conditions.  

Cette étanchéité doit également être assurée en périphérie. Lorsque le relevé n’est pas possible, notamment dans le cas d’un accès sans seuil, l’étanchéité doit être prolongée horizontalement hors de l’emprise de la douche sur une longueur d’au moins un mètre.  

Cette précaution se justifie dans une salle d’eau accessible sans ressaut où les projections d’eau ne sont pas limitées à la seule zone de douche. 

Vigilance sur les choix de conception dans le neuf  

La prévention des désordres de la salle d’eau en construction neuve passe d’abord par le choix de procédés relevant d’un référentiel technique reconnu. Il convient de privilégier les techniques courantes ainsi que les produits techniquement évalués et certifiés.  

Les matériaux périphériques sensibles à l’eau sont à proscrire. La position des éléments dans la salle d’eau et le choix de revêtements compte aussi pour prévenir les dégâts des eaux, mais aussi éviter les chutes dues aux surfaces glissantes.  

En rénovation, la reprise doit porter sur la cause du désordre 

Dans l’existant, les réparations limitées aux seuls effets visibles du désordre ne suffisent pas. La reprise d’un joint apparent, le remplacement de quelques carreaux ou la réfection d’une finition ne permettent pas de traiter un passage d’eau dont l’origine reste active.  

La réparation doit donc porter sur le point d’infiltration, sur son cheminement dans les ouvrages et sur l’état des supports atteints. Selon les cas, cela peut conduire à : 

  • la dépose des revêtements 
  • la reprise d’étanchéité 
  • la correction de la pente 
  • le remplacement d’un siphon inadapté  
  • la réparation des supports dégradés par l’humidité
Entretien d’une douche à l’italienne
L’entretien régulier de la douche aide à préserver les joints, le siphon et la durabilité de l’installation.

Ensuite, la durabilité de l’ouvrage suppose la réfection des joints mastics dès les premiers signes de dégradation et l’entretien régulier du siphon afin d’éviter les défauts d’écoulement. 

1. Agence Qualité Construction, Douches avec et sans ressaut. Focus Désordres. Comprendre, prévenir, agir, septembre 2024. 

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