Les futures constructions et rénovations qui répondront aux objectifs du Grenelle devront s'attacher à traiter prioritairement le poste de l'eau chaude sanitaire, longtemps considéré comme secondaire.
L'isolation thermique des murs, toitures, sols, l'emploi de double-vitrage, la maîtrise du renouvellement d'air au moyen de la ventilation mécanique, sont depuis une trentaine d'années des moyens banalement utilisés en construction et largement appliqués en rénovation pour réduire les consommations de chauffage des logements. A force de réduire les besoins de chauffage, ceux concernant la production d'eau chaude sanitaire (ECS) sont devenus souvent prépondérants.
Depuis la prise de conscience sur le changement climatique dans les années 90, les économies d'énergie se sont essentiellement réduites à la diminution des consommations de chauffage. Depuis la RT 2000, la prise en compte d'autres postes de consommation d'énergie comme celles liées à l'eau chaude sanitaire (ECS), les auxiliaires (pompes, ventilateurs) et surtout l'éclairage s'est progressivement introduite dans l'acte de construire.
L'énergie devient un sujet obsédant. Non pas qu'il s'agit du seul sujet à débattre pour parler du changement climatique, des questions environnementales et de développement durable, mais parce que, comme l'eau potable, l'énergie deviendra une denrée rare. A partir de ce constat évident, les conséquences géopolitiques seront encore plus difficilement commensurables.
Comment concevoir des bâtiments de plus en plus vertueux d'un point de vue environnemental, de plus en plus économes en énergie, tout en préservant la qualité des ambiances intérieures ? Comment faire en sorte que ces projets soient les plus grands et les plus beaux possibles, sans surcoûts, voire moins chers.... ? Finalement, c'est la demande qui est implicitement adressée à la maîtrise d'œuvre pour généraliser les bâtiments basse consommation, à partir de 2011 en secteurs non résidentiels, et 2013 en logements.
La loi du 13 juillet 2005, appelée loi « POPE » (programme fixant les orientations de la politique énergétique) a donné le coup d'envoi d'un renouveau du paysage réglementaire sur l'énergétique des bâtiments. Il y était notamment annoncé un renforcement tous les 5 ans des réglementations thermiques des constructions pour viser la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre en 2050. Le Grenelle de l'Environnement est venu rappeler cette démarche en invitant à une nécessaire accélération de l'évolution des exigences réglementaires. La RT 2010-2012 annoncée en est le résultat.
Diagnostic de performance énergétique (DPE), pré-diagnostic et diagnostic thermiques, audit énergétique, étude de faisabilité d'approvisionnement énergétique, réglementation thermique...autant de missions dans un marché porteur qui mélange les offres de service pour ceux qui souhaitent améliorer la qualité de leurs biens immobiliers et réaliser des économies d'énergie. Une clarification ne semble pas inutile.
Le Grenelle de l'Environnement annonce que la RT 2005 (Réglementation thermique), entrée en vigueur depuis septembre 2006, est déjà obsolète. Dans 18 mois, tout bâtiment public ou tertiaire devra être construit a minima selon le label BBC (Bâtiment Basse Consommation), lui-même à peine sorti de sa coquille en mai 2007. Comment ce futur très proche est-il envisageable ? Les interrogations des acteurs de la construction sont légitimes. Les réponses ne sont pas simples à formuler, la RT 2010 étant encore en préparation...